Le chipping et le pitching : les coups courts autour du green
La différence entre un chip et un pitch
La confusion entre ces deux coups est fréquente chez les golfeurs amateurs, et elle coûte des coups. Un chip est un coup bas, roulant, joué avec peu de trajectoire et beaucoup de roulement au sol — la balle passe plus de temps sur le gazon que dans les airs. Un pitch, à l'inverse, monte plus haut, atterrit plus doucement et roule moins. Le choix entre les deux dépend de l'espace disponible entre vous et le bord du green, de la hauteur de la zone de réception et de la distance restante jusqu'au drapeau.
Dave Pelz, l'analyste américain du jeu court dont les recherches ont influencé toute une génération de joueurs, estimait que les coups entre 0 et 100 yards représentaient plus de 60 % des coups disputés dans une partie moyenne. C'est là que les scores se font et se défont — pas au départ, malgré le spectacle que le jeu long offre.
Le chip : technique et sélection du club
La mécanique du chip repose sur une idée simple : transformer votre mouvement en quelque chose qui ressemble à un putt, avec juste assez d'élan pour envoyer la balle sur le green. Les mains légèrement en avance de la balle, le poids sur le pied avant, les genoux légèrement fléchis. Le swing est court et contrôlé, les poignets restent fermes — ce n'est pas le moment de décocher.
Le choix du club est déterminant. Beaucoup de joueurs d'élite s'appuient sur leur fer 7 ou 8 pour les chips longs avec beaucoup de roulement, puis montent progressivement vers le pitching wedge, le gap wedge ou le sand wedge à mesure que la distance de vol requise augmente. Phil Mickelson, l'un des artistes du jeu court de sa génération, aimait dire qu'il avait une image mentale claire de l'endroit où la balle allait atterrir avant même de choisir son club. Cette image dicte le club, et non l'inverse.
Sur les liens écossais ou anglais, comme au Royal County Down ou à Carnoustie, le chip roulant depuis le rugged peut s'avérer plus fiable qu'un pitch, surtout dans le vent. L'utilisation du terrain plutôt que la résistance à celui-ci est une philosophie qui distingue souvent les bons joueurs de links des golfeurs de parkland qui tentent d'y appliquer leur jeu habituel.
Le pitch : contrôle de la hauteur et de l'effet
Le pitch est un coup plus ambitieux. Il demande une rotation des avant-bras à travers la frappe, un suivi de swing plus complet et une utilisation consciente du loft de la canne. Le risque de frapper gras — la tête de club qui mord le sol avant la balle — ou de thinne le coup — ne toucher que la balle — augmente avec la complexité du mouvement.
La clé d'un bon pitch réside dans la compression : le club doit frapper la balle en descente, avec les mains en avance au moment de l'impact, même pour un coup lofté. Tenter de « cuillerer » la balle en arrière de la tête de club pour l'envoyer vers le haut est la cause principale des tops et des gras.
Le lie au sol est déterminant. Un lie propre dans l'herbe courte permet un impact net et prévisible. Dans l'herbe longue, la balle a tendance à s'interposer entre la canne et la balle, réduisant l'effet rétro — c'est le « flyer », ce coup qui vole plus loin que prévu et atterrit chaud. Les meilleurs professionnels du DP World Tour apprennent à détecter ces lies à risque et ajustent leur club ou leur technique en conséquence.
Contrôle de la distance et du spin
La distance dans le jeu court ne se gère pas avec la force : elle se régule par la longueur du backswing. Beaucoup d'entraîneurs utilisent le système des heures — un backswing à « 7 heures » pour un chip court, « 9 heures » pour un pitch moyen, « 10 heures » pour un coup plus long — pour donner aux joueurs une référence reproductible. Avec de la pratique, ce cadran mental devient instinctif.
L'effet rétro — le backspin — est souvent mal compris. Il ne s'obtient pas en frappant plus fort ou en accélérant davantage juste avant l'impact. Il résulte d'une frappe nette, descendante, sur une balle propre, avec un club aux rainures en bon état. Un wedge usé ou des rainures encrassées réduisent considérablement l'effet. C'est pourquoi les professionnels remplacent régulièrement leurs wedges, dont les rainures se dégradent plus vite que celles des fers.
Les balles de golf elles-mêmes jouent un rôle. Une balle tour à couverture uréthane génère beaucoup plus d'effet qu'une balle deux pièces à couverture Surlyn. Autour du green, cette différence est perceptible : la balle tour s'arrête plus vite, mais récompense également moins les frappeurs qui n'ont pas encore perfectionné leur impact.
Le flop shot et les cas particuliers
Le flop shot — ce coup très ouvert, très lofté, qui monte presque à la verticale avant de retomber avec peu de roulement — est le coup le plus spectaculaire du répertoire court. Il est aussi le plus risqué. Phil Mickelson en a fait sa marque de fabrique, parfois avec un succès retentissant, parfois avec un désastre absolu.
Le flop exige un lie propre : si la balle est dans l'herbe longue ou un lie déprimé, le risque de passer dessous et de la déplacer de quelques centimètres — voire de la laisser sur place — est réel. Il demande une ouverture prononcée de la face de canne, un swing ample sur une trajectoire très extérieure-intérieure et une décélération quasi nulle à l'impact. Pour un amateur, ce coup ne devrait être exécuté qu'après des centaines d'heures de pratique dédiée.
La technique du bump-and-run, très prisée sur les liens britanniques, consiste à envoyer délibérément la balle dans une pente ou une ondulation pour l'amortir ou la dévier vers le drapeau. Elle suppose une lecture fine du terrain et une confiance totale dans le roulement de la balle — deux qualités qui se développent uniquement sur le terrain.
La pratique efficace du jeu court
Beaucoup de golfeurs ne passent pas assez de temps à travailler leurs coups courts en comparaison de l'importance que ces coups ont sur le score. La clé d'une amélioration réelle n'est pas de répéter le même chip depuis le même lie, mais de varier les situations : lies différents, pentes différentes, longueurs différentes, types de coups différents dans la même session.
Le travail de « up-and-down practice » — récupérer en deux coups depuis différentes positions autour du green — reproduit exactement la pression d'une situation réelle et oblige à jouer chaque coup avec intention. Trouvez un parcours avec un short game area bien équipé près de chez vous sur la carte pour organiser vos sessions de travail dans des conditions qui correspondent à votre jeu habituel.