Les par 3 légendaires : les plus beaux trous courts du monde
Ce qui fait un grand par 3
Un par 3 exceptionnel n'est pas simplement beau à regarder. Il doit créer une tension spécifique, obliger le joueur à faire un choix de club et de trajectoire qui ne soit pas évident, et punir suffisamment l'erreur pour que le succès ait de la valeur. Les meilleurs par 3 du monde sont des études de caractère autant que de technique : ils révèlent quelque chose du joueur à chaque visite.
Le 12e d'Augusta National
Amen Corner tire son nom d'un article de magazine de 1958, mais sa réputation tient entièrement à ce que les joueurs y vivent. Le 12e — Golden Bell — mesure 155 yards depuis les tertres de championship. C'est probablement le par 3 le plus stressant du golf de compétition. La balle doit franchir Rae's Creek, un fossé peu profond mais punitif, pour atteindre un green long et étroit placé en travers de la trajectoire. Derrière, les bunkers de Rae's Creek avalent les balles courtes ou trop à droite.
Ce qui rend le trou particulièrement retors est le vent. Le ravin dans lequel il est situé crée des tourbillons imprévisibles : un drapeau qui indique un vent de gauche au green peut cacher un vent de droite plus puissant au niveau de la trajectoire de vol. En 2016, Jordan Spieth a inscrit un quadruple bogey ici pour voir son avance de cinq coups s'évaporer en quelques minutes. En 2021, Hideki Matsuyama a tenu ses nerfs pour remporter son premier Masters malgré la pression du même trou.
Le 17e de TPC Sawgrass
L'île green du 17e de TPC Sawgrass est le par 3 le plus célèrement cruel du calendrier professionnel. Pete Dye l'a conçu en 1982 — selon la légende, sa femme Alice lui aurait suggéré de transformer la barge qui servait de déblai en green insulaire. Le trou mesure entre 132 et 137 yards selon le drapeau, ce qui le rend encore plus impitoyable : à cette distance, il est difficile de justifier une erreur majeure, et pourtant la pression de l'eau tout autour libère très souvent des mains qui habituellement ne tremblent pas.
Lors du Players Championship, les statistiques parlent d'elles-mêmes : des centaines de balles finissent dans l'eau chaque année. En 1998, dans un format de championnat disputé trou par trou, Fred Couples a vu sa balle s'arrêter juste au bord de l'eau et y retomber quelques secondes plus tard. Ces moments inattendus sont le sel de ce trou.
Le 7e de Pebble Beach
Courts, spectaculaires, irrémédiables : le 7e de Pebble Beach mesure à peine 106 yards depuis les tertres de championship — l'un des plus courts du circuit PGA Tour. Mais son green perché sur une falaise au-dessus de l'océan Pacifique, avec des bunkers de sable blanc de chaque côté et un vent marin qui change constamment, en fait l'une des expériences les plus intenses du golf de compétition.
Jack Nicklaus l'a qualifié de « meilleur par 3 du monde ». Tom Kite a joué un coup de génie ici lors de l'US Open 1992, par conditions de vent extrêmes, pour s'imposer sur l'ensemble du tournoi. C'est un trou qui illustre le paradoxe du golf de Pebble Beach : la beauté absolue du cadre coexiste avec une difficulté proprement cérébrale.
Le 8e de Royal Troon (The Postage Stamp)
Le surnom dit tout : le 8e trou de Royal Troon, en Écosse, présente un green de la taille d'un timbre-poste — environ 25 mètres de profondeur — entouré de cinq bunkers profonds. À 123 yards depuis le tertre arrière, c'est un par 3 qui se joue dans une dimension mentale autant que physique. La falaise de sable à gauche et les monticules à droite réduisent la marge à un couloir étroit. En 1973, Gene Sarazen — alors âgé de 71 ans — y réussit un hole-in-one lors de The Open Championship, cinquante ans après sa première participation au même tournoi. Le lendemain, il remettait ça avec un birdie.
Le 3e de Oakmont
Oakmont Country Club, en Pennsylvanie, est le parcours qui a accueilli le plus grand nombre d'US Opens de l'histoire. Son 3e trou — un par 3 de 183 yards — présente l'un des greens les plus rapides et les plus inclinés du golf de compétition. La pente de droite à gauche, combinée avec la vitesse stimpmétrique des greens d'Oakmont (souvent supérieure à 14), transforme ce trou en une épreuve de précision et de lecture absolue.
Le 16e de Cypress Point
Cypress Point, en Californie, est souvent cité comme le plus beau parcours du monde. Son 16e trou — un par 3 de 231 yards qui traverse entièrement l'océan Pacifique — est l'apogée de la dramaturgie architecturale. Alister MacKenzie, son architecte, l'a conçu pour que le trou semble impossible depuis le tertre de départ. Les jours de grand vent, des pros qui tentent de « viser le continent asiatique » ont compté des 9 ou plus sur la carte.
Le 17e de St Andrews (Old Course)
Le Road Hole, 17e du Old Course de St Andrews, est un par 4 mais son deuxième coup joué vers le green replié et le Road Bunker à gauche mérite une mention. Les par 3 de St Andrews incluent le 11e — High Hole In — qui domine la vallée de la rivière Eden. Mais c'est la philosophie links qui imprègne tous les trous courts du parcours historique écossais : les tourbillons de vent changent la cible à chaque minute, et le sol peut être autant un allié qu'un obstacle.
Le 14e de Sawgrass Valley (TPC)
L'autre par 3 célèbre de TPC Sawgrass — le 14e — présente un green sur l'eau à gauche et la forêt à droite. Moins connu que le 17e mais redouté des professionnels.
Jouer les grands par 3
Chacun de ces trous incarne une philosophie différente du golf : la beauté naturelle de Pebble, la punition arithmétique de Sawgrass, le vent imprévisible d'Augusta, la pureté links de Troon. Ce qui les unit est la capacité à créer un moment de vérité dans une partie. Retrouvez tous ces parcours sur la carte mondiale du golf et planifiez votre pèlerinage sur ces temples du par 3.