Les plus grandes golfeuses de l'histoire
L'histoire du golf féminin est celle d'une succession de talents exceptionnels qui ont façonné un sport dans l'ombre des projecteurs réservés aux hommes, mais avec une profondeur technique et une compétitivité qui rivalisent avec tout ce que le golf professionnel a produit. Ces femmes n'ont pas seulement dominé leurs époques respectives — elles ont défini les standards du jeu moderne.
Babe Zaharias : la pionnière absolue
Avant même que le golf professionnel féminin dispose d'une structure organisée, Mildred 'Babe' Didrikson Zaharias — double médaillée olympique en athlétisme en 1932 — avait transformé la perception de ce que pouvait accomplir une femme dans le sport. Elle a cofondé le LPGA Tour en 1950 et remporté dix titres en Majors féminins, dont trois US Women's Open. Sa puissance de frappe était légendaire pour l'époque : elle frappait régulièrement la balle à des distances comparables à celles de joueurs masculins amateurs compétitifs.
Zaharias a également joué au plus haut niveau amateur avant de se professionnaliser, ayant remporté en 1947 le British Ladies Amateur Championship à Gullane, en Écosse. Son palmarès sportif total, étendu sur plusieurs disciplines, reste unique dans l'histoire du sport du XXe siècle.
Mickey Wright : la technicienne suprême
Ben Hogan, l'un des plus grands perfectionnistes techniques de l'histoire du golf masculin, a déclaré avoir vu Mickey Wright frapper la balle aussi bien que quiconque, hommes inclus. Ce n'était pas de la condescendance — c'était de la reconnaissance d'une technique exceptionnelle. Wright a remporté quatre-vingt-deux tournois du LPGA Tour entre 1956 et 1973, dont treize Majors féminins — quatre US Women's Open, quatre LPGA Championships.
Son swing était long, fluide, et générait une compression de balle remarquable pour l'époque. Elle jouait dans une ère où les parcours étaient moins bien entretenus, les équipements primitifs, et les dotations dérisoires comparées aux standards modernes. Sa domination statistique reste difficilement comparable, mais ses contemporains s'accordaient à dire qu'elle avait une maîtrise technique que même les futures générations auraient du mal à égaler.
Kathy Whitworth : la régularité de l'excellence
Kathy Whitworth détient le record absolu de victoires sur le LPGA Tour : quatre-vingt-huit victoires entre 1962 et 1985, surpassant Sam Snead (quatre-vingt-deux victoires) sur le PGA Tour. Ce record reste inégalé dans l'histoire professionnelle du golf. Whitworth n'a jamais remporté l'US Women's Open — une lacune qu'elle-même reconnaissait comme la tache de son palmarès —, mais elle a remporté six autres Majors féminins.
Sa longévité est aussi remarquable que son volume de victoires : elle a continué à gagner des tournois professionnels pendant plus de deux décennies. Whitworth incarne la régularité absolue, la capacité à performer au sommet pendant une carrière entière plutôt que sur une série de saisons brillantes.
Nancy Lopez : la star qui a transformé le LPGA
Quand Nancy Lopez a fait ses débuts sur le LPGA Tour en 1977, elle a immédiatement capturé l'imagination du public américain. Sa première saison complète, en 1978, reste l'une des entrées les plus remarquables de l'histoire du golf professionnel : neuf victoires, dont cinq consécutives, le Rookie of the Year, le Player of the Year et la médaillée VARE pour la meilleure moyenne de score. Elle avait vingt et un ans.
Lopez a remporté trois LPGA Championships (1978, 1985, 1989) et quarante-huit victoires au total. Mais son impact dépasse le statistique : sa personnalité chaleureuse, ses sourires authentiques sur le parcours et son accessibilité médiatique ont attiré des fans qui n'auraient jamais regardé le golf féminin autrement. Elle a construit une audience pour le LPGA dans une période où le tour luttait pour sa visibilité.
Annika Sorenstam : la dominatrice moderne
Annika Sorenstam est l'argument le plus solide pour le titre de meilleure golfeuse de l'histoire. Ses chiffres sont écrasants : soixante-douze victoires sur le LPGA Tour, dix Majors féminins (incluant trois US Women's Open et trois Kraft Nabisco Championships), huit titres de Player of the Year consécutifs entre 1995 et 2005. En 2001, elle a signé le premier score de 59 de l'histoire du golf professionnel féminin, au Standard Register Ping à Moon Valley Country Club en Arizona. Consultez la carte pour explorer des parcours du niveau des grands championnats féminins.
Sa technique était construite autour d'une précision mécanique et d'une gestion de parcours intelligente. Sa collaboration avec son instructeur Henri Reis et plus tard avec Peter Karlsson a produit un swing reproductible sous pression que d'autres joueuses ont tenté d'imiter. Après sa retraite en 2008, Sorenstam a fondé l'Annika Foundation pour développer le golf junior et est revenue à la compétition amateur en remportant l'US Senior Women's Open en 2021.
Lorena Ochoa : la brève mais éblouissante domination mexicaine
Lorena Ochoa a dominé le LPGA Tour de 2006 à 2010 avec une intensité qui rappelait la domination de Tiger Woods sur le PGA Tour masculin. Pendant cette période de cinq ans, elle a remporté vingt-sept tournois, dont deux Majors féminins (Kraft Nabisco 2008, Ricoh Women's British Open 2007), et occupé la première place mondiale pendant cent cinquante-eight semaines consécutives.
Sa retraite à vingt-huit ans, en 2010, pour se consacrer à sa famille, a privé le golf féminin d'une joueuse à son apogée. Ochoa reste la plus grande golfeuse mexicaine de l'histoire et a ouvert des portes considérables pour le développement du golf féminin en Amérique latine.
Inbee Park et la génération coréenne
L'émergence de la Corée du Sud comme puissance dominante du golf féminin est l'un des phénomènes les plus frappants des deux dernières décennies. Inbee Park, avec ses sept titres en Majors féminins et sa médaille d'or olympique à Rio en 2016, est la figure de proue d'une génération exceptionnelle incluant Se Ri Pak, qui a remporté les Majors en 1998 et inspiré une génération entière de joueuses coréennes.
Nelly Korda et Lilia Vu ont plus récemment porté le golf féminin sur la scène mondiale, mais la profondeur du golf coréen féminin reste sans équivalent : le LPGA Tour compte régulièrement dix à quinze joueuses coréennes parmi les cinquante meilleures mondiales.