The Open Championship
L'épreuve la plus ancienne
The Open Championship — simplement « The Open » pour les connaisseurs, jamais « the British Open » — a été disputé pour la première fois le 17 octobre 1860 à Prestwick Golf Club en Ayrshire, en Écosse. L'objectif initial était de déterminer le meilleur golfeur professionnel de l'époque au lendemain de la mort d'Allan Robertson, reconnu de son vivant comme le joueur le plus accompli de son temps. Huit participants jouèrent trois tours du parcours de douze trous de Prestwick. Willie Park remporta le premier titre ; Old Tom Morris en remporta quatre.
Cent soixante ans plus tard, The Open reste le seul Major disputé en dehors des États-Unis, le seul joué sur links, et le seul dont le trophée — la Claret Jug — est lui-même un objet doté d'une histoire visible. Chaque nom de champion est gravé sur le pichet depuis 1873, créant une séquence continue de vainqueurs qu'on peut tenir entre les mains.
Le rota : les parcours de l'Open
Contrairement au Masters, The Open ne revient pas chaque année au même endroit. Il tourne entre une sélection de parcours links britanniques — le « rota » — dont la composition évolue lentement selon les capacités logistiques et la qualité des parcours. Le rota actuel comprend :
St Andrews Old Course, en Fife, Écosse — le site le plus emblématique, qui a accueilli l'Open vingt-neuf fois. Royal St George's, dans le Kent en Angleterre, le seul parcours anglais du rota actuel, situé sur les dunes côtières de Sandwich. Royal Liverpool, à Hoylake dans le Merseyside, un links ouvert et venteux qui a vu Jack Nicklaus et Tiger Woods s'imposer. Royal Birkdale, à Southport dans le Lancashire, souvent considéré comme le liens anglais le plus équitable par les joueurs professionnels. Royal Lytham & St Annes, dans le Lancashire, un links atypique entouré de quartiers résidentiels plutôt que de la mer, mais d'une difficulté redoutable. Royal Troon, en Ayrshire, qui inclut le Postage Stamp — le trou 8, un par 3 de 123 yards qui est l'un des plus courts et des plus photographiés du golf mondial. Muirfield, en East Lothian, administré par l'Honourable Company of Edinburgh Golfers, fondée en 1744. Turnberry, en Ayrshire, avec le Ailsa Course surplombant le Firth of Clyde et le rocher d'Ailsa Craig à l'horizon. Royal Portrush, en Irlande du Nord, le seul parcours hors Grande-Bretagne du rota, dont le retour à l'Open en 2019 après soixante-huit ans fut salué comme une édition exceptionnelle.
Les conditions : vent, pluie, rough
Ce qui définit l'expérience de jouer sur les links de l'Open — pour les professionnels comme pour les visiteurs — ce sont les conditions météorologiques. Le British Isles en juillet (date habituelle de l'épreuve) peut offrir du soleil, de la pluie horizontale et du vent latéral à quarante kilomètres-heure dans la même journée. Le rough qui borde les fairways peut être si profond et si épais que la récupération devient impossible ; des zones de rough identiques peuvent être parfaitement jouables si la météo a été différente entre la coupe du gazon et le jour de jeu.
Cette variabilité des conditions impose un style de jeu spécifique aux links : les coups bas qui passent sous le vent sont plus précieux que les balises hautes ; le jeu au sol, en roulant la balle sur les fairways fermes et le long des abords des greens, peut être plus efficace que les approches lobées habituelles sur les parcours américains. Greg Norman, souvent brilliant en conditions normales, s'était adapté aux liens avec génie. Tiger Woods, lors de sa victoire à St Andrews en 2000, décrivit son plan de jeu comme un choix délibéré d'éviter tous les bunkers en modifiant la forme de ses coups — et tint sa promesse sur soixante-douze trous.
La Claret Jug et les traditions
La Claret Jug originale fut offerte en 1873 pour remplacer le Challenge Belt en cuir remis aux premiers champions. Le vainqueur reçoit aujourd'hui une réplique — l'original reste à R&A. La tradition veut que le champion boive du champagne dans la jug lors de la cérémonie de remise, une pratique qui produit des photographies mémorables.
The Open est aussi notable pour son absence de restrictions sur l'équipement des spectateurs — contrairement au Masters, on peut filmer et photographier librement — et pour l'atmosphère particulière que crée une galerie britannique : enthousiaste, experte, souvent humoristique. Les standings boards manuscrits jaunes et verts qui jalonnent le parcours sont un détail visuel reconnaissable entre tous.
Les champions les plus titrés
Harry Vardon tient le record avec six titres entre 1896 et 1914. John Henry Taylor et James Braid en ont remporté cinq chacun, formant avec Vardon la « Grande Trinité » qui domina l'épreuve de la fin du XIXe siècle au début du XXe. Dans l'ère moderne, Peter Thomson, Tom Watson et Seve Ballesteros en ont chacun remporté cinq. Watson a failli réaliser l'impossible en 2009 à Turnberry, à cinquante-neuf ans, avant de s'incliner en play-off face à Stewart Cink. Nick Faldo, Greg Norman, Lee Trevino, Arnold Palmer — l'épreuve a couronné presque tous les grands joueurs de l'histoire.
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